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Ils sont revenus, ils sont là, ils m’accompagnent. Ce sont les miens, mes égarés du temps, mes esprits frappeurs, mes anges gardiens.Tels des porteurs de souvenirs, ils mènent mon bateau d’une rive à l’autre sur la surface des eaux tantôt calme, tantôt tumultueuse de ma vie. Ils me font avancer toujours plus loin jusqu’aux confins de moi. Ils permettent de m’échapper des ténèbres, de tendre mon visage vers la lumière et tracer ma route pour dire les expatriations, les voyages de l’âme et magnifier la nostalgie de mes rêves. Ils m’invitent à regarder mon propre visage dans le miroir du quotidien pour supporter les blessures qu’inflige le temps. Ils veulent que les sourires et les bonheurs dirigent mes évènements vers le haut. Ils sont bribes de vécu, réalités et phantasmes, utopies et espoirs. Ce sont les miens. FH
CHRONIQUE DES JOURS ORDINAIRES - Le blog de Franz HOSLAF

retour ISM LITTERA


AN NEUF 2012

Sur le fil de l’horizon se dressent les alpes suisses et plus loin françaises. Moi, mitigé comme la météo au dehors et plein de projets au dedans. Perdurer dans le même élan avec les réitérations de l’an passé ou des nouvelles et poursuivre la route qui mène nulle part mais dans le sens du vent si faire se peut, faire glisser le bateau ivre au delà des rivages blanc dans une eau sombre et profonde vers le bleu et le violet des abîmes. Tumultueuse la vague qui déchire les paroles écrites sur le sable mouvant. Éphémères les empreintes gravées sur le papier par une plume acerbe qui pleure son encre noire comme coule le sang du cœur aux veines. Assourdissant le silence des tiers mondes oubliés qui crient leur inespérance dans un râle craché à la face des nantis. Ronronnements et sourires en demi-teinte des tenants de pouvoir et d’argent. Qui a dit que tout ne vas pas bien ? et promesses, promesses, bis repetita ; et résolutions, résolutions et bis repetita ; et alors (r)é(vo)lution(s) ou pas (r)é(vo)lution(s) et non bis repetita ? en tout cas, pas de mal à se souhaiter une bonne année.

En bas, la grisaille laiteuse des hivers pourris recouvrant la plaine d’une ouate sale comme une mer hérissée qui lèche des îlots perdus à la dérive. En bas, la malveillance et le dénigrement, les deux caractères de l’esprit français, dixit Chateaubriand ; en bas aussi, les nouvelles tragiques, les accidents de toute sorte, la violence physique, morale, économique et politique et ils ne vont pas s’en priver prochainement ; en bas encore, les viols, les meurtres, les assassinats, les infractions, les délits, les incivilités, les incendies et les incidents; en bas enfin, les retrouvailles trop rares, les soldats, les armes, les contrôles en tout genre, les suspicions, les soupçons, les interrogations, les supputations, les reproches, les accusations, les condamnations et les erreurs ; en bas toujours, les déchaînements, les tonnerres, les brisures, les déchirures, les blessures, les abandons et les tristesses ; En haut, les regards tendus vers ce halo salvateur qui brûle les yeux et darde ses derniers rayons orangers qui viennent doucement s’engloutir et se perdre dans les strates terriennes ; plus en haut encore, le sourire en Joconde de la lune, les étoiles montantes si proches, la tombée du jour au bout des doigts, la respiration apaisée, le temps qui s’arrête …le rêve et l’utopie dedans, un moment clean, une seconde d’éternité… bonne année à toutes et à tous.

Un adage africain nous apprend qu'il faut penser au passé pour éviter qu'il revienne.
La vie est un état où rien n’est résolu. La tristesse, l’insatisfaction, le mal-être, la solitude, la souffrance, la grâce, la vanité, la joie, la beauté, bref, tout concourt à la culture de l’infini pour se terminer un jour en poussière. Mais le renoncement n’est pas arrivé et jusque là il faut vivre avec nos vieilles questions et nos nouveaux regards, mais toujours plus loin devant soi, sans possibilité de retour.
Revenir à la vie d’avant est impossible, car tout est consommé. Bien ou mal. Ce qui est vécu est déjà nostalgie et la marche du temps poursuit son cours sans arrêt. Seul l’homme peut l’interrompre, pas physiquement, encore que, mais dans sa tête et poser au bord de sa mémoire des images qui seront des points d’ancrages ou des bouées salutaires aux fins d’animer sa propre existence ou de la figer dans un exil intérieur.
Mais comme tout n’est pas dicible ni partageable, il scellera son esprit comme un coffre fort qui gardera des secrets, une part d’ombres qui l’entraîne loin en lui-même, se diffractant à la lumière des jours.
Comme rien n’est jamais acquis d’avance, il participera à l’épopée de sa propre conquête en regardant celle des autres du coin de l’œil pour l’exemple, mais voudra que la sienne soit unique. Il implorera les dieux éphémères aussi divers que l’argent, le sexe, celui de la réussite et de l’amour, celui de la santé et du bien être. Il sacrifiera jusqu’à plus soif aux idoles, à la luxure et s’idolâtrera lui-même comme il idolâtra ses enfants. Il restera fidèle à ses propres préceptes, sauf à se trahir et vivra alors un enfer de renoncements. Il voudra vivre des cieux d’été éternellement azur pour des instants où bonheur et larmes se confondent en une divine mélodie intérieure, où tout convergera vers une satisfaction qui le fera défaillir au point que la mort lui semblera une joie.
Sa petite musique en lui le contaminera, tel un virus endogène, affectant ses fibres nerveuses qui palpiteront, se dilateront et se rétracteront à la mesure de son chant et cette petite voix au fin fond de lui, lui fera parcourir des frissons délicieux des pieds à la tête, tel une bouffée d’endorphine qui le transportera si loin que dehors plus rien n’existera.

Franz Hoslaf